Lier les jours ensemble. C’est le meilleur remède à la vie.

Je ne me souvenais plus à quel point tu étais une planète. Je veux dire, l’attraction satellite, l’atmosphère anthropique, la lourdeur des yeux plantés, de rire aux grands vents. Tu étais une planète et tu m’as rentré dedans, je suis explosé à l’infini. Des particules dans l’eau trouble, une lune pleine comme un fromage violé. Attendre des ans, devant un mur de pierres, vieillir doucement aux gré des vagues et des chansons trop intenses pour le matin. Puis finalement, se faire surprendre par les étoiles. J’ai pris l’ustensile et défais la planète, c’était un fruit filamenteux au coeur, nous l’avons mangé, j’ai respiré mieux. J’espère que ce sera pas pire grand. 

J’ai vu un film, j’m’en souviens plus. 

Trimballer l’insubmersible. C’est un peu comme on se sent lorsqu’on poursuit nos rêves. D’avoir toujours l’impression que l’intention est juste alors qu’on arrive à une adéquation entre l’esprit et les tripes. Cela fait longtemps. Pourtant, chaque jour est bordé par une certitude inouïe, jamais remise en question cette subjectivité étrange qui nous colle à la peau comme un abcès scabreux. L’impartialité est l’exercice de l’ablation de soi. 

Alors seulement, on en devient plus certain encore, forgé dans l’essence même de l’humanité. Terriblement faible et fort à la fois. On ouvre en espérant ne pas sembler fanatique, romantique ou triste. Et parler! Qu’en est-il de cet us désuet, l’art nauséabond maîtrisé par les vides. Il faudra certainement se regarder d’ailleurs pour apprécier maintenant. J’y suis. Je t’attends.  

L’antépénultième

L’action de traîner, de garder auprès, de tarder l’inévitable départ. Car qu’est-ce que le départ au fond? Une manière, un détournement fécond sans en être l’aboutissement absolu, la prise de pouvoir de ce qu’on est vraiment. Alvéolé dans l’excès notoire, simplement touché au creux du coeur. Danser les langues et les mots absorbés par l’éponge, une goutte indisociable pour mémoire vitriole: soluble et incapable. Il faut l’abstraire, la rompre, la matraquer toujours. Souffler pour s’ingérer au monde. Ne plus craindre les reproches du chiendent. Les grands yeux animaux.

Moelle moi. Énumère nos meilleurs moments à la mords-moi le noeud.  

La débâcle d’un parvenu

Au cœur de la déforme scolaire, à la luxation de l’embranchement sociétal et culturo-poubellier, se trouve un germe d’incompétence notoire. Tel une fleur nauséabonde, une charogne infâme sur un lit semé de cailloux, il explose en son centre de bêtises d’envergure. Et le plus triste, c’est qu’il s’y conforte, que certains même, au fruit d’un effort intellectuel remarquable et insoupçonné qui s’apparente à la paresse, respecte. 

Et ils se reproduisent. De la radio-aux journaux-à la télé-vers l’ordinateur, un déploiement trouble qui risque des cerveaux zé des vies. Prenez garde, de tout les côtés, au rite quotidien de la débandade cervicale, au nivellement vers le bas. L’Humanité est en danger, ils se reproduisent.  

J’m’en va reviendre des rondelles d’oignons de pensées rebondies, de pareil-pas-pareil qui hulule dans mes tempes. Regardant les nuages s’estomper d’un naufrage écarlate, la plus petite poupée russe est à moi. Rire à bien qui rira l’éternité, pourquoi tu penses qu’on est un nouveau coeur-couvent, une symphonie pliée en huit pièces détachées dans ta poche de manteau de simili-cuir cru. Trimballe nos symphonies pas tellement mieux que le rot d’un mort, encastré dans une fiente qui s’impose au détriment des génies. Un symposium d’allégories tarées, tes pectoraux qui s’exposent, ton bras cloué au cadre d’une porte visitée qu’une seule fois. Sous un chaîne d’une nuit caduque, des lampions pénétrés comme la sauce ultime d’un repas vivant, une bûche térébenthine, un souffle court, coupé de l’entrain du quotidien trituré. La plaie dans la langue, avalée dans un battement envers et contre premiers soins. Je me rappel voguer la nuit dans le dos des plus éphémères, craindre la fenêtre, craindre son propre départ de soi. La tête enrouée. Les doigts glissants d’un béton armé jusqu’aux dents, sur l’alvéole auriculaire que tu aurais voulu me monter à tour de rôles, et là bouteille de cette femme que l’on reconnaît dans la pénombre de l’autobus. Tu t’en allais pisser dans la ruelle et je n’espérais que prendre une seconde, chance. C’est un moment carnage qui me déroute depuis, tes doigts plantés entre les miens dans un wagon soleil. À la lueur des reconnaissances d’un petit monde, tu m’avouais avoir rencontrer celui que tu connaîtras depuis. J’ai peur de ne jamais avoir tes yeux dans ma bouche à nouveau, de ne pas remonter l’échelle aux barreaux éreintés. Cette fille d’origine du monde qui fût la meilleure amie de la meilleure amie d’un carnassier de huit et demi par onze. Et Aujourd’hui, je cherche ses pièces que nous aurons abandonnés l’une à la suite de l’autre. Vos cheveux emmêlés comme une seule et immense perruque disparate, crachée de lumière de fumée de bord de patio. Entre l’amer et l’autruche. Les puces dans le pelage laiteux d’un métal aproximé. Du gazon contre nos omoplates d’étuves calcaires, de l’aube téméraire, d’une pousse qui trame la fin du monde. La tête éclatée aux morceaux qui restent, comme une ligne de temps infiniment divisée par elle-même, à jamais. 

Nous aurions besoin de nous panser. Alcôve imaginée. Notre force, diluée dans l’horreur.
On m’as donné envie de courir hors de moi-même, de m’épuiser à m’écraser contre le flanc d’un monument à la gloire de nos pas. Un temple où nous serions orfèvres de nos songes, partant de métaux impurs pour fondre le soleil, qui nous abriterais des ténèbres, du froid, des scissions et de tout ce qui nous effraie. Fondamentalement désordonnés, car si la couleur ne se retrouve, il faudra toujours se salir pour excaver l’or. 

Nous aurions besoin de nous panser. Alcôve imaginée. Notre force, diluée dans l’horreur.

On m’as donné envie de courir hors de moi-même, de m’épuiser à m’écraser contre le flanc d’un monument à la gloire de nos pas. Un temple où nous serions orfèvres de nos songes, partant de métaux impurs pour fondre le soleil, qui nous abriterais des ténèbres, du froid, des scissions et de tout ce qui nous effraie. Fondamentalement désordonnés, car si la couleur ne se retrouve, il faudra toujours se salir pour excaver l’or.